Les obstacles à contourner.....

Avant même que la Communauté du Verbe de Vie élabore ce projet de construction de chapelle, les soeurs de Jésus-Crucifié avaient eu ce même projet, et au même emplacement.

De notre coté, lorsque nous sommes arrivés en 1990, la question s'est très vite posée. Mais le projet s'est heurté à de multiples difficultés : 

Comment respecter l'architecture du XVIIIème ?

Pour résoudre cette question , un des architectes consultés prévoyait de reconstruire à l'identique, tel que cela devait être selon les plans de 1756, avec une chapelle à l'intérieur, sur une double hauteur. Mais cela supposait de démolir tout l'intérieur de l'Abbaye, et notamment, la bibliothèque avec ses boiseries. Dans cette hypothèse, les deux étages n'en faisaient plus qu'un. Cette double hauteur nous posait question au niveau des proportions mais aussi au niveau du chauffage. Par ailleurs, il paraissait périlleux de s'engager sur cette voie de démolition : comment le bâtiment allait-il supporter ces transformations ? Quid du budget ? (Il aurait fallu construire une autre bâtiment pour le logement de la Communauté) ? Quid de la Communauté et de sa mission d'accueil durant tout ce temps ? Allait-on vraiment gagner en capacité d'accueil ? Cette option a donc été écartée.
Le conflit entre un bâtiment ancien prédominant et une chapelle de plus petite taille.

Le bâtiment Abbaye étant le bâtiment historique, il devait garder sa position de bâtiment maître. Mais comment juxtaposer une chapelle plus petite sans que cela choque au niveau des proportions ( et du clocher) ?

Les églises sont habituellement orientées vers l'Est. Comment pouvions-nous positionner le choeur de la chapelle vers l'Est sans entrer en conflit avec le sens de la circulation habituel du cloître venant de l'Abbaye ?

Ces deux contraintes ont suscité beaucoup de recherches de "contournement d'obstacles". Il y eut en tout onze projets d'emplacements entre 1995 et 2003.

La difficulté du sol et des vestiges archéologiques

Finalement, il a été retenu que l'orientation de la chapelle ne serait pas vers l'Est. Ce choix permit de résoudre la question des proportions, permettant ainsi au nouveau bâtiment de s'éloigner du bâtiment Abbaye par une galerie de prolongation, rappelant le cloître ancien.

Ainsi, après de multiples élucubrations, nous sommes revenus à l'intuition de départ : une construction sur l'ancienne aile de l'Abbaye, à l'emplacement de l'allée des tilleuls.


Photo ci-contre : la coupe des tilleuls
Photo en dessous : la réalisation des fouilles préventives (Novembre 2004)
Restait à résoudre la question du sol. Quelle était la solidité du mur soutenant le remblai ? Sur quoi s'appuyer pour les fondations ? Des études de sol ont donc été commandées. Elles firent apparaître que le sol  dur était à plus de 28m. A ce moment là, l'architecte préconisa une construction par pieux.

Ce projet de construction par pieux souleva une nouvelle difficulté : celle des fouilles archéologiques. En effet , les peiux allaient traverser et détruire les vestiges de l'ancienne aile du bâtiment enfoui sous terre. Une campagne de fouilles préventive eut donc lieu en Novembre 2004. Elle permit de mettre à jour un pavement du XVIII et supposer des fondations du XII. Cela entraïna une prescription de fouilles archéologiques dans la mesure où le système de fondation retenu devait être des fondations par pieux. Après réception des devis des fouilles archéologiques ( 150 000 euros à la charge du maïtre d'ouvrage), ce projet a été abandonné, jugé trop couteux dans son ensemble.
L'option retenue

C'est donc en cherchant à nous détourner de cette construction couteuse (estimée à 3,5 millions d'euros minimum), que nous nous sommes tournés vers une alternative : un bâtiment plus léger, en ossature en bois. Cette nouvelle orientation nous permettant de revenir à un budget de 1,5 millions d'euros. Par ailleurs, nous choisissons ainsi de nous engager dans le développement durable, dans un esprit évangélique.

Jadis les moines bâtisseurs savaient contourner les obstacles et cherchaient à innover pour répondre aux besoins de leurs contemporains.... Aujourd'hui, c'est dans ce même esprit que nous souhaitons prendre en compte les technologies innovantes au service d'une économie d'énergie et du respect de l'environnement.